• LE GROUPE "PARROT" À LOUBEJAC

    Monsieur PARROT était instituteur en 1939 à l'école de LOUBÉJAC en Dordogne, il a organisé un maquis, de nombreux jeunes de la commune de SAUVETERRE toute proche, se sont engagés dans ce maquis. Il semble qu'il se soit formé au château de SERMET situé sur la commune de LOUBÉJAC. Ce château appartenait à un couple d'Anglais avec qui monsieur PARROT devait être en contact car les chefs étaient installés dans le château, les maquisards dans les prés alentours.

    Loubéjac en Dordogne
    Loubéjac en Dordogne - Photo Livio Dalle-Grave
    Sept à huit parachutages ont eu lieu près du château d'après les témoignages de maquisards qui en faisaient partie, la phrase entendue sur les ondes de la B.B.C. étaient.: "Serpolet bois un coup et réfléchis". Un parachutage comprenait 15 à 20 containers d'environ 250 kg, ils avaient des amortisseurs, tout était collé avec des pansements à l'intérieur.

    Au début les parachutes étaient en soie blanche, ils étaient soigneusement récupérés, ils ont servi à réaliser des belles robes ou de belles chemises. Puis ils étaient en coton blanc et enfin en coton de couleur. Ils ont servi à fabriquer des tentes pour les maquisards.
    Le groupe devenant trop important en 1944, il s'est scindé en deux, ce jour-là "BAYARD" Charles MARTIN était présent, les maquisards ont choisi un groupe. Le groupe PARROT s'est ajouté au groupe "PROSPER".

    Le 15 août 1944, le maquis a fait 28 prisonniers mongols et deux officiers allemands, ils les ont mis sur des camions et les ont promenés dans les villages en chantant des airs patriotiques. Le groupe a participé aux combats de MOULEYDIER, puis ils sont partis vers la Pointe-de-Grave où ils ont retrouvé les hommes du groupe "SOLEIL". Certains se sont engagés dans l'armée pour la poursuite des combats, d'autres ont été démobilisés.

     


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  • LE FRONT NATIONAL GROUPE "CABANNES" À MONTAYRAL

    Le Front National a été créé le 15 mai 1941, un des premiers animateurs, Jacques DEBU-BRIDEL écrira : "Le Front National pour la libération, la renaissance et l'indépendance de la France est créé, grâce à l'offre formulée par le Parti Communiste…" (4). Le Front National était destiné à être la représentation "politique" des groupes de lutte armée : les Francs-tireurs et Partisans français (FTPF). Il se consacra principalement à la propagande, à la fabrication de faux-papiers, au soutien logistique des clandestins mais aussi au sabotage.

    Marguerite FILHOL
    Marguerite FILHOL
    (Le sigle Front National n'ayant jamais été déposé, a pu être récupéré par une autre formation politique ultérieurement.) Les conceptions du Front National étaient : "s'unir, s'armer, se battre" (5).

    En Lot-et-Garonne, René FILHOL en mai est chargé de développer ce mouvement.

    A Montayral, le colonel LAKANAL en est le premier créateur, remplacé par
    Georges TOULZA secondé par sa femme Marcelle TOULZA et SALET, TORIKIAN, FERRAGUT… qui travaillaient à l'usine de FUMEL et relançaient les mots d'ordre auprès des ouvriers (6).

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    (4) Cahiers de l'ANACR 47
    (5) Article Wikipédia
    (6) Mémoires et traditions ouvrières P. ROBIN - A. GAYROUX

     


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    LE GROUPE "BAYARD" DE CHARLES MARTIN

    Charles MARTIN est né le 13 mars 1900 à ABBEVILLE dans la Somme. Il était dans l'armée, se fait démobiliser à ISSIGEAC en 1940 puis s'installe dans cette ville. Les habitants se méfient de lui, le maquis existant aussi car il se sert des camions des G.M.R. et la rumeur dit qu'il fait "du marché noir". Il aurait voulu implanter dans cette localité "une maison spéciale", les autorités lui ont apposé une fin de non recevoir. L'adjudant de gendarmerie lui délivre un laissez passer pour qu'il quitte la ville, ce qu'il fait avec des jeunes qui ne souhaitent pas partir au S.T.O. Ce groupe va vouloir s'implanter près de MONPAZIER mais René COUSTELLIER du groupe "SOLEIL" lui fait savoir qu'il est indésirable en cette région.

    Lieu dit "Carayac"
    Les bois de "Carayac"
    Charles MARTIN et son groupe partent s'installer dans une ferme isolée où vivait un couple âgé, à Blanquefort-sur-Briolance au lieu dit "Carayac". Ils vont y rester quelques semaines puis en partent quand les Allemands font des incursions dans la région. Ils vont s'installer sur la commune de FONTENILLES en Dordogne avant de rejoindre le groupe "MARSOUIN" du colonel FOURTEAUX, puis le 3ème R.I.C. qui sera dirigé vers la première armée.
     
    Le capitaine
    Jean-Georges DELRIEU, lieutenant de BAYARD a rédigé l'historique de cette formation paru en 1974 dans : L'historique des unités combattantes de la résistance 1940-1944 du général de la BARRE NANTEUIL.

    Les opérations auxquelles a participé le groupe "BAYARD" :
    • Vers le 14 juin 1944, participation aux combats de MOULEYDIÉ.
    • Le 30 juin, une compagnie de MALGACHES libérés du camp de MAUZAC par le groupe "CERISER" se joint au groupe.
    • Le 20 août participation à la libération d'AGEN.
    • Le 21 août départ du camp de FONTENILLES pour former un élément armé de la colonne DRIANT.
    • Le 23 août il participe à la libération des villes de MARMANDE, LA REOLE, CADILLAC, LANGOIRAN, BORDEAUX puis LESPARRE.
    • Du 02 septembre au 03 décembre, le groupe prend part à la guerre de position dans les marais du Pont de GUA.
    • Certains membres du groupe s'engagent pour la poursuite des combats en Alsace et l'occupation en Allemagne.

    En 1948, un procès est ouvert contre Charles MARTIN, il comparaît devant un tribunal militaire, il est accusé de :

    • Coups et blessures volontaires
    • Complicité d'assassinats
    • Assassinat
    • Arrestations arbitraires et séquestrations de personnes
    • Vols qualifiés

    Ces faits se sont produits à ISSIGEAC, à BLANQUEFORT.

    La sœur du Lieutenant Pierre GOULFIÉ qui était dans le groupe BAYARD, a porté plainte en novembre 1944, suite à l'exécution de son frère par Charles MARTIN à Carayac.

    Charles MARTIN est condamné le 29 janvier 1948 "à dix ans de réclusion et à la dégradation militaire …. défense au condamné de paraître pendant 20 ans dans les lieux qui lui seront signifiés par le Gouvernement avant sa libération….". Il sera amnistié par la loi du 31 juillet 1968.

     


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  • LE GROUPE "D.D." ou "DELDON" ou "CASSE" DE CAPITAINE DELDON

    Alphonse DELDON est né à SALLES près de MONFLANQUIN en 1902. Ensuite, il tenait une épicerie dans son village. En 1942, il est contacté par deux jeunes gens :

    Un instituteur juif allemand de Villeneuve dont les parents ont été déportés, Jean-Marie BRUCKMAN et Christophe. Tous deux étaient en contact avec le S.O.E. anglais. Philippe de GUNZBOURG vient rencontrer Alphonse DELDON qui accepte de monter un réseau. Il va réaliser de faux papiers, aider des jeunes réfractaires du S.T.O. à se cacher, il participera à la réception de parachutages, à divers combats. Les résistants seront répartis sur les communes de MONTAGNAC sur LEDE, GAVAUDUN, LACAPELLE-BIRON, SAUVETERRE la LEMANCE. L'effectif du groupe à la Libération sera de 243 hommes qui combattront en Dordogne. Le 30 juin, Alphonse DELDON met ses hommes sous le commandement du colonel DRUILHE puis il intégrera le commando AUSTIN-CONTE en Gironde.


    Carte individuelle d'alimentation


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  • LE GROUPE "GEOFFROY" DE JEAN VERMONT À FUMEL

    Jean VERMONT est né le 05/07/1906 à MEZIERES dans les Ardennes, en 1942 il était ingénieur à la S.M.M.P. de FUMEL, au service de la centrifugation. Dans le service, dès 1942, les discussions ont pour sujet les "faits troublants"…VERMONT a pris des contacts avec les divers maquis de la région mais il était déçu par "trop de paroles, de tendances politiques, pas assez d'action". Il décide avec son adjoint CONTI de provoquer une réunion dans les locaux de l'usine avec quelques personnes sûres pour monter un mouvement "spécifiquement militaire, toute tendance politique sera exclue" (1). Un premier groupe est constitué mais des personnes sont arrêtées, le groupe se met en sommeil avant de repartir. Jean VERMONT prendra pour pseudonyme "GEOFFROY" "c'est un nom bien français, vieux français même mais d'une antiquité de bon aloi" (2).

    Jean VERMONT avait des contacts avec les services du S.O.E. anglais par l'intermédiaire de Philippe de GUNZBOURG. Le groupe a pu bénéficier de parachutages, savoir quelles actions organiser…du 06 juin au 09 août 1944, un livre de bord a été tenu au quotidien. Les effectifs du bataillon ont été : 366 volontaires européens, 158 volontaires indigènes. Sur ordre du colonel BECK, la compagnie DOLLÉ 185 personnes et le groupe KLEBER 98 personnes furent adjointes au groupe au 19/08/1944, un effectif de 807 personnes.

    Les opérations auxquelles ont participé les membres du groupe :
    • 15 parachutages ont été réceptionnés dans les environs de FUMEL, la phrase entendue sur les ondes de la B.B.C. "les feuilles sont chassées par la tempête". L'activité allemande dans le secteur se faisant de plus en plus pressante, une partie du matériel a été transporté à BARTHES dans une grange qui appartenait à un milicien de VILLENEUVE ! (à son insu bien sûr).
    • Juin 1944, l'effectif du groupe est divisé en 4 camps dans les alentours. La gare de LIBOS est le centre de renseignements.
    • 19 juillet, attaque de la gendarmerie de VILLENEUVE en plein jour pour récupérer des armes, sous les applaudissements de la foule, c'était jour de marché !
    • 07 août, à la demande du commandant "ARCHIDICE", deux camions partent en renfort pour permettre à un groupe "accroché" par les Allemands de se replier. La mission est réussie.
    • 09 août, deux avions de tourisme sont récupérés sur l'aérodrome de CAHORS. Trois heures de travail pour les installer sur les camions ! un camion rentrera sans encombre, l'autre donnera des "sueurs froides" aux maquisards, les piles du pont de LUZECH étant trop étroites de quelques millimètres, le vernis du bord des ailes des avions sera un peu écaillé, mais le convoi arrivera à bon port. Deux résistants du convoi qui effectuaient la mission de surveillance des routes, dont la moto est tombée en panne, dénoncés, ils y laisseront la vie.
    • 12 août, lors de la reconnaissance d'une mission de destruction des voies ferrées entre AGEN et VALENCE d'AGEN, le convoi, sur le chemin du retour est "accroché" par des miliciens et des allemands, des blessés et des morts sont à déplorer. La voie ferrée sera détruite le lendemain.
    • Certains membres du bataillon vont s'engager pour la poursuite des combats vers la Pointe de Grave, l'Alsace…

    Le bataillon avait inventé une chanson sur l'air de la marche "Paris - Belfort".

    Les blessés étaient soignés à la clinique du docteur BOQUET à Salomon sur la commune de Montayral.


    Château de Salomon de Saint-Vite
    Château de Salomon de Montayral

    Puis devant l'intensification des combats, le commandant GEOFFROY, établit une infirmerie de campagne, les deux infirmières de l'usine sollicitées, ont accepté et ont suivi les maquis dans leurs déplacements. Un stock de médicaments avait pu être récupéré, le ravitaillement pour nourrir les blessés a été donné parfois par Lucien BOSSOUTROT et Marguerite DURAS qui était à la Source Bleue de TOUZAC, elle venait aussi visiter les blessés et leur apporter du réconfort.

    Après la guerre, Jean VERMONT a repris son travail à l'usine et il a créé une amicale du groupe afin d'aider tous ceux qui en avaient besoin.

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    (1) (2) Historique du Bataillon Geoffroy écrit par Jean VERMONT.

     


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